La villa Bank est l’une des deux villas individuelles construites entre 1971 et 1974 par l’architecte Émile Sala pour les familles Bank et Benkemoun. Situées à Arles, dans la plaine agricole de Fourchon, elles constituent un ensemble architectural homogène étonnant.

Émile Sala applique une approche participative en intégrant les intentions de Michèle et Abraham Bank : une architecture contemporaine, privilégiant le « dedans dehors », les « courbes », les « lignes douces » et des « volumes qui épousent les vallonnements du terrain » à l’image de Frank Lloyd Wright ou Jean Balladur.

La villa Bank est achevée en décembre 1973. Bien que généreuse dans ses proportions, la maison familiale  garantit confort et intimité à ses habitants. L’architecture, l’implantation, l’orientation, les ouvertures et les terrasses : tout est pensé pour interagir avec l’environnement. S’inscrivant dans une approche  « bioclimatique», Émile Sala est particulièrement soucieux de proposer une architecture qui prenne en compte les potentialités paysagères, physiques et climatiques du site.

Comme il est d’usage de le faire en Provence, la villa Bank est ouverte au Sud et très peu au Nord afin de la protéger du vent dominant, le Mistral. La relation au paysage passe également par le jeu des percements qu’Émile Sala détermine selon une double démarche : depuis l’intérieur, créer des vues privilégiées sur la nature ; depuis l’extérieur, animer les façades selon « une logique harmonique » .

Émile Sala s’inscrit ainsi dans un courant plus large qui, au tournant des années 1960 et 1970, revisite le concept d’architecture organique dont Frank Lloyd Wright et Alvar Aalto avaient été les précurseurs.

Émile Sala n’aura de cesse de créer des espaces fluides et dynamiques en courbes et contrecourbes, des volumes souples et extensifs, des alternances de lumières et d’ombres. Pour cela, il bannit la ligne droite, privilégiant l’articulation de profils convexes et concaves. Les pièces adoptent des formes aléatoires (circulaires ou elliptiques) qui semblent déterminées par la seule volonté d’éviter les cloisonnements orthogonaux. Il en résulte une succession de visions et d’ambiances qui, dans l’esprit d’Émile Sala, devait permettre de restituer un « univers féérique dont rêvent parfois les enfants ».  

En 2012, la villa Bank est répertoriée au Patrimoine du XXème siècle par le Ministère de la Culture français.

Emile Sala dans son studio, Arles, 1973

Maquettes , 1971

Source : INVENTAIRE DE LA PRODUCTION ARCHITECTURALE ET URBAINE  – Départemental de l’Architecture et du Patrimoine 13 – Antenne d’Arles – Équipe chargée d’étude : Eléonore Marantz-Jaen / Frédérique Bertrand / Arlette Hérat – 2010.